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18/11/2008

Accessibilité des lieux publics : un bilan contrasté

Une poste, une boulangerie ou une salle de sport peuvent parfois être totalement inaccessibles aux personnes handicapées. Des dispositifs sont prévus par la loi, mais la réalité est parfois bien différente : de nombreux établissements doivent encore être mis aux normes. La nouvelle loi fait naître des espoirs, et permettra peut-être d’accélérer les procédures.

L’accessibilité, c’est le combat majeur de la personne handicapée. Un combat de tous les jours. Car finalement, elle n’est handicapée que par rapport à un environnement précis : le fauteuil roulant crée un handicap pour monter un escalier, mais pas pour jouer aux cartes ou écrire un mail… Pour Patrice Tripoteau, directeur des actions nationales à l’Association des Paralysés de France, l’accessibilité, c’est "l’accès à tout, pour tous, pour tous les domaines de la vie, sans discrimination". Et pour une personne en fauteuil roulant, "l’accessibilité, c’est la liberté !".

L’accessibilité, une obligation nationale

Faciliter l’accessibilité des lieux publics aux personnes handicapées est une obligation nationale depuis 1975, qui a été réaffirmée avec la loi du 13 juillet 1991, destinée à "favoriser l’accès aux personnes handicapées des locaux d’habitation, des lieux de travail et des installations recevant du public". Elle a pour la première fois instauré des contrôles, et a ainsi permis des avancées.

L’obligation d’accessibilité définie par la loi concerne tous les bâtiments, locaux et enceintes (publiques ou privées) qui accueillent du public : les hôtels, les HLM, mais aussi les banques, les postes, les épiceries, les locaux scolaires, et même les boîtes de nuit et les salles de sport…

Des normes techniques sont définies, pour la nature du sol, la largeur des portes, les pentes, les escaliers. De plus, si l’établissement accueille plus de 50 personnes, ou plus de 100 pour les établissements scolaires, un ascenseur est obligatoire (et l’on espère qu’il s’arrête à chaque étage…). Pour le stationnement, un parking doit avoir au moins une place adaptée pour les personnes handicapées pour 50 places. Des toilettes, téléphones et guichets doivent également être accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les espaces qui desservent ces établissements, c’est-à-dire tous les transports en commun (bus, train, taxis, avions…) sont également concernés.

La réalité, souvent en décalage

Le principal problème, c’est que les contrôles mis en place ne concernent que les bâtiments neufs réalisés depuis le 1er juillet 1994 et les travaux de rénovation nécessitant un permis de construire. De plus, aucun délai n’a été fixé pour les mises aux normes. Les retards en terme d’accessibilité sont donc encore importants aujourd’hui, notamment au niveau des locaux anciens. Ces derniers peuvent en effet obtenir de nombreuses dérogations.

Quel état des lieux peut-on donc faire aujourd’hui sur le terrain ? Combien de bureaux de poste ont encore des marches à l’entrée, dans combien de cinémas les personnes en fauteuil ne peuvent assister à une projection ? Pour en avoir une idée, l’Association des Paralysés de France a réalisé en juillet 2004, avec l’Ifop, un sondage sur l’accessibilité dans les capitales régionales. Cette étude a porté sur différents thèmes, comme les transports, les lieux publics, ou les loisirs :

  • Pour les transports, on recense en moyenne seulement 17,4 % des lignes de bus accessibles aux personnes handicapées. C’est toujours mieux que les 3 % relevés en 2001, mais c’est encore très peu. Quand on ne peut utiliser qu’une ligne sur 6, on ne va pas forcément où on le souhaite… Des services se sont toutefois mis en place, notamment à la SNCF ou dans les compagnies aériennes, qui peuvent proposer un accueil spécifique pour les personnes à mobilité réduite, et une assistance gratuite à l’embarquement et au débarquement ;
  • En ce qui concerne les lieux publics, 70 % des bureaux de poste et 77 % des mairies ont un accès de plein pied ou sont dotés d’aménagements pour compenser les différences de niveau ;
  • Pour les loisirs, ce sont les salles de cinéma qui ont été étudiées : 47,8 % sont accessibles ;
  • Et au niveau des commerces de proximité (boulangeries, restaurants, pharmacies, boutiques de vêtements), 53,3 % peuvent accueillir des personnes en fauteuil roulant. Mieux que les transports, mais pas encore suffisant.

Un palmarès des villes a été établi : les plus accessibles sont Strasbourg, Besançon et Bordeaux. Cependant, il existe une disparité importante entre les villes : le taux d’accessibilité (ratio entre le nombre de domaines accessibles aux personnes handicapées et le nombre de domaines existants dans la ville) est ainsi de 58,6 % à Strasbourg, mais seulement de 15,7 % à Marseille…

De nouvelles obligations et un délai à respecter

Ces constats ont amené les associations à se mobiliser pour que la nouvelle loi mette un accent particulier sur l’accessibilité. Et elles ont obtenu gain de cause : la loi promulguée le 11 février 2005, "pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées" stipule que, d’ici 10 ans, les transports en commun et l’ensemble des lieux recevant du public, qu’ils soient publics ou privés, devront être rendus accessibles, sous peine de sanctions pénales.

"En instaurant un cap, un délai de mise en accessibilité, cette loi peut être un véritable levier pour faire bouger les choses" se félicite Patrice Tripoteau de l’APF. Même si les associations bataillent encore pour revoir les dérogations ou les moyens de substitution qui pourront être accordées. Et qu’elles attendent avec impatience les décrets d’application.

En terme d’accessibilité, la priorité est clairement pointée : il s’agit de faciliter l’accès des personnes handicapées aux transports en commun. Un thème qui avait déjà été défini comme priorité en 2001. L’accès à la "liberté" est un combat de longue haleine…

 Ecoute handicap moteur : 0800 500 597

Groupement pour l’Insertion des Personnes Handicapées Physiques (GIHP), aide aux déplacements urbains rens. au 01.43.95.66.36, 10 rue Georges de Porto-Riche, 75014 Paris, cellule nationale qui redirige vers cellules départementales ou www.gihpnational.org

La SNCF met à disposition un n°vert Accessibilité service : 0800 15 47 53

Le site travelsante présente un dossier très riche sur les avions, les trains, et indique des adresses d’agences de voyage spécialisées.

 

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